Un rêve de Phébus

Journal.

L'antisémitisme ne se cache même plus

Peu d’heures de cours depuis jeudi et jusqu’aux vacances, mais beaucoup de surveillances du bac blanc. Mes élèves de première sont en effet en stage. A., qui est en troisième, commence le sien demain. Elle va suivre sa professeure de théâtre dans ses activités. Acte XIV des Gilets jaunes, cette tragédie ne semble jamais finir. Hier, Alain Finkielkraut a été violemment insulté par certains d’entre eux. L’antisémitisme ne se cache même plus. J’étais atterré en voyant les images. (...)

Dévorés

Acte XIII des Gilets jaunes, je les regarde à la télévision marcher dans Paris. Leur détermination tranquille me fait peur. Comme chaque samedi, ils me font penser aux walking dead. Imaginez qu’ils arrivent un jour au pouvoir, ce serait le chaos, au sens propre. Chaque individu ressemblant peu ou prou à un intellectuel, ou à un riche, serait voué à une disparition certaine. Dans mes meilleurs jours, lorsque je suis le plus optimiste, je me dis que les gens de droite qui soutiennent le mouvement seront les premiers à être dévorés par le monstre qu’ils ont contribué à créer. (...)

Je n’aime pas charger la voiture sous la pluie

Du vent ce matin, qui risque de se transformer en pluie. J’ai suivi mon rituel du dimanche matin, lorsque nous sommes à la campagne, en allant prendre un café accompagné de la lecture du Journal du Dimanche. Cela me permet aussi de prendre un peu le pouls du village. Ce matin, il était question de meubles anciens qui ne se vendaient plus. Au moment où je partais, un routier racontait qu’il allait prendre la route ce soir pour Toulouse et appréciait de ne pas être bloqué par des Gilets jaunes à son arrivée là-bas. Un coup d’œil vers la fenêtre, toujours du vent mais la pluie (...)

Aussi bien à la campagne qu’à la ville, je range mes bibliothèques

Tout petit week-end à la campagne, la maison est en train de se réchauffer. Au programme de l’après-midi, acheter du miel chez un apiculteur. Avant de partir, je trie des livres d’économie et d’histoire afin d’en réduire le nombre. Je vais en remplir deux grands sacs. Aussi bien à la campagne qu’à la ville, je range mes bibliothèques. (...)

Une chanson française de qualité

Un concert de Trois Cafés Gourmands dans les oreilles, après avoir écouté quelques titres de Boulevard des Airs. Je me dis qu’il existe toujours une chanson française de qualité, n’en déplaise aux grincheux et aux chafouins. J’ai découvert Argent trop cher (du Téléphone de mes années adolescentes) chanté par Boulevard des Airs. Cette interprétation est une réussite, ce qui montre non seulement le talent du groupe originaire de Tarbes mais aussi la qualité d’une chanson qui, non seulement n’a pas vieilli, mais qui supporte bien une version très différente de (...)

Répétition

La neige est très peu retombée aujourd’hui, juste un peu ce matin. J’ai pu aller récupérer les conventions de stage d’A à la mairie. Cet après-midi, nous avons assisté à une répétition de l’activité théâtre (portes ouvertes pour donner aux parents un aperçu du travail en cours d’année). Je trouve qu’A est la meilleure du groupe. (...)

Neige

Comme on pouvait s’y attendre, la neige a provoqué la fin des cours, pour la plupart d’entre eux, en début d’après-midi. En arrivant en début d’après-midi, j’ai croisé certains de mes élèves qui partaient. Je n’y suis tout de même pas allé pour rien puisque je devais récupérer les enfants. Je les ai retrouvés assez facilement, même si ça a été un peu plus long pour M dont le cours de physiques a été assuré. Ils ont le plaisir de m’apprendre que l’établissement serait fermé demain. (...)

Sérotonine

Quelques heures passées en famille hier autour d’une galette des rois, de deux même puisque nous étions 11. Un moment à la fois agréable mais trop court. J’ai terminé assez rapidement Sérotonine. Il contient des phrases très drôles, comme toujours chez Michel Houellebecq, mais est d’une tristesse absolue. Quelqu’un de déprimé pourrait le lire pour constater qu’il y a pire que lui, à moins qu’il ne se suicide une fois le roman achevé. J’ai survécu. (...)

Je n'aime pas vendre les livres

Je profite d’un mercredi sans copies pour poursuivre le rangement des livres dans les bibliothèques de la salle à manger. La présentation des livres va être de nouveau plus ordonnée. J’en extrais encore une grande quantité pour les donner. Je n’aime pas vendre les livres. (...)

Je ne suis pas assez intellectuel

Je ne sais pas si les Gilets jaunes intéressent beaucoup de monde mais ils reviennent souvent chez certains de mes contacts Facebook, bien entendus les plus politisés. Même si je ne pense pas appartenir à cette dernière catégorie, j’écris dessus assez souvent. Une des questions récurrentes en ce moment est la position de la droite par rapport à ce mouvement et à la violence d’une partie, non négligeable, de ses participants. Les uns, s’inscrivant dans une filiation révolutionnaire, anarchiste de droite, approuvent la violence, les autres, privilégiant l’ordre, la (...)

La pauvreté est ailleurs

La pauvreté est présente parmi les Gilets jaunes qui occupent les ronds-points. Des études et des documentaires le montrent. Depuis quelques samedis, j'essaie de retrouver des signes de pauvreté chez les manifestants dans les grandes villes. Je vois des vêtements relativement coûteux et des apparences physiques de personnes en bonne santé. Je trouve que la pauvreté est ailleurs. C'est juste un ressenti. (...)

J’aime bien cette idée d’entrer dans des rêves

Deux nouveaux pensionnaires ont rejoint ma bibliothèque : Sérotonine de Michel Houellebecq et Le Meurtre du Commandeur d’Haruki Murakami. Comme le français et le japonais font partie de mes écrivains préférés, j’ai choisi la version papier et non la version numérique. Une élève de terminale m’a dit qu’elle avait rêvé de moi pendant les vacances. Elle avait été obligée de quitter le lycée et se retrouvait face à un très mauvais prof d’éco. J’aime bien cette idée d’entrer dans des rêves. Des élèves de première ont trouvé que les cheveux courts (...)

Je continue dans l'excès

« Lorsque j'entends ce genre de publicité : "papa, pourquoi les mandarins sont chinois et les mandarines espagnoles ?", je me dis que j'ai raté ma vocation et que j'aurais pu faire une brillante carrière dans la publicité. » Un de mes derniers statuts Facebook. Des gens ont été amusés mais personne n’a répondu que j’étais tout de même un bon professeur. La publicité fait plus rêver que l’enseignement. Puisque j’évoque Facebook, voici la dernière petite chose que j’ai rédigée : « A propos de débats, celui de l'âge des femmes que Yann Moix ne peut pas aimer (...)

Reprise

Nous reprenons les cours demain. J’aime les reprises mais j’appréhende un peu de retrouver une ambiance très délétère (heureusement qu’avec les élèves ça va) et de voir comment la journée d’A va se passer. Cela fait en effet un mois qu’elle souffre de vertiges (comme l’année dernière à la même époque) et qu’elle suit un traitement, long à produire son effet. (...)

Walking dead

Comme samedi dernier, mais un peu moins longtemps, j’ai regardé sur RT (une chaîne de télévision auparavant nommée Russia Today), des Gilets jaunes déambuler dans Paris. J’ai de nouveau eu l’impression de voir les walking dead, qui marchent sans savoir où ils vont et qu’il faut de toute force éviter. Cette impression est renforcée par l’un de ces signes qui ne trompent pas : il n’y a qu’une lettre d’écart entre le RIC (le referendum d’initiative citoyenne qui, d’après ces gens, serait une sorte de panacée universelle, censée guérir tous nos maux) et Rick. (...)

Stylos rouges

Imitant les Gilets jaunes, des enseignants en colère ont créé une page Facebook « les Stylos rouges en colère ». J’ai l’impression que cette initiative sera mal vue par une grande partie de la population qui considère les professeurs comme des privilégiés. A croire que chacun a un compte à régler avec un des professeurs de son enfance. Parmi le plus insupportable dans le confusionnisme actuel, il y a cette accusation de dictature (et pire encore, les comparaisons avec le nazisme, la gestapo ou encore les collabos). Il faudrait que certains aillent vivre dans une dictature (...)

Meuble

Un nouveau meuble est apparu dans notre salle à manger, un beau living en bois que nous voulions acquérir depuis quelques mois et qui a bénéficié d’une réduction lors du black friday. Il a été livré en deux parties, dont la plus volumineuse n’entrait pas dans l’ascenseur. Nous l’avons déjà pas mal rempli. La salle à manger est d’un coup devenue plus petite. Je vais pouvoir mieux ranger mes livres (les bibliothèques ont assez souvent bougé ces derniers mois donc les livres se sont retrouvés dans un désordre important, et des verres occupaient une des étagères, le (...)

Sparadrap

J’ai regardé une deuxième fois le dernier épisode de la saison 7 de The Walking Dead sur Netflix pour me le remettre en mémoire avant l’arrivée sur ce site de la saison 8. Mais j’ai l’impression que cette saison va encore mettre un long moment avant d’arriver sur Netflix. Je n’ai pas trop envie d’aller la visionner sur le Netflix canadien. Alexandre Benalla est comme le sparadrap du célèbre capitaine Haddock, s’en débarrasser est plus difficile que de remettre du dentifrice dans son tube. Il a voyagé depuis son licenciement avec un passeport diplomatique et il (...)

Nostalgie et mélancolie

Avant d’écrire, je suis allé visiter une douzaine de 1er janvier de mon Phébus. Je voulais avoir la confirmation d’une certaine constance dans mes propos. Elle existe. Lire ses anciens textes est une bonne illustration du temps qui passe. Dans ses interviews, l’écrivain Nicolas Mathieu (prix Goncourt 2018 pour « Leurs enfants après eux ») distingue la nostalgie et la mélancolie. Pour lui, la première exprime l’idée que c’était mieux avant, pas la seconde. La mélancolie serait alors une nostalgie heureuse, pour reprendre des termes d’Amélie Nothomb (cette conclusion (...)

Une seconde classification

Des lycéens sont entrés dans la contestation, histoire d’augmenter le bazar ambiant. J’espère que notre lycée sera épargné ; nous n’avons pas besoin de cela en ce moment. Une autre classification, lue sur Facebook, d’une personne que j’ai jadis connue grâce à la revue Cancer (Bé Dé-Hel). « Les émeutiers : ceux-là se battent contre la police ou se contentent de lui résister – parfois d’ailleurs après avoir crié « CRS avec nous ». Les vandales : ceux-là veulent expressément casser du flic (ou du « facho »), briser les symboles de l’État capitaliste. Ce (...)

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